L’innovation : une condition de survie

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L’innovation : une condition de survie

L’innovation n’est pas une option mais une obligation pour survivre à la concurrence. Chaque année, nous consacrons environ 4 % de notre chiffre d'affaires à la recherche et au développement, soit environ 20 millions d'euros. À ces fonds propres s'ajoute la part financée par nos clients étatiques, une cinquantaine de millions d'euros en 2016.

Nous pilotons en particulier, avec Thales et Nexter, l'emblématique programme Scorpion de renouvellement des principaux véhicules blindés de l'armée de terre française (le transport de troupes Griffon et le char léger Jaguar). Nous nous occupons aussi de la maintenance de son parc historique.

Activités à forte valeur ajoutée

Spécialiste de l'intégration de systèmes terrestres protégés, nous nous sommes recentrés sur des activités à valeur ajoutée : l'architecture des plates-formes, les briques technologiques clefs et innovantes, les opérations d'intégration des différents systèmes.

En matière d'innovation, nous nous sommes lancés le défi suivant : trouver la parade à l'embonpoint des véhicules. Alimentée par les besoins en protection et en technicité de leurs utilisateurs, cette dérive grève leur mobilité et leur autonomie, et pèse sur l'« empreinte logistique » des armées. Épaulé par la Direction générale de l'armement (DGA), nous avons ainsi investi dans un démonstrateur équipé d'une transmission hybride fiable et robuste.

En parallèle, nos équipes s'efforcent d'électrifier d'autres fonctions mécaniques, d'optimiser l'isolation de l'habitacle, de diminuer les dépenses en énergie du véhicule au moyen d'algorithmes embarqués, capables d'analyser son statut (à l'arrêt, en marche) et les besoins réels de l'équipage (au repos, en veille, au combat). Pour y stocker plus d'énergie, nos ingénieurs creusent la piste des piles à hydrogène en partenariat avec le Commissariat à l'énergie atomique

Engins autonomes

Autre sujet majeur, nous souhaitons franchir le cap technologique qui sépare la génération des véhicules téléopérés des machines entièrement autonomes. Pour qu'un engin de déminage puisse, par exemple, « ouvrir » une route tout seul, cela nécessite de pouvoir, à distance, analyser le sol et le sous-sol afin de déterminer son itinéraire, mais aussi que le véhicule sache gérer un imprévu.

Il faut combiner des satellites, des drones, de l'intelligence artificielle. Nous animons une « task force » composée de deux laboratoires publics de réputation mondiale, le BRGM pour la géologie et l'Onera pour le domaine aéronautique, et de deux pépites du secteur privé, CAR&D pour la simulation dynamique des véhicules en tout terrain et Magellium pour la géo-information.

Maintenance prédictive

Notre troisième grand terrain de jeu concerne la prestation de service global. Ainsi, les capteurs embarqués sur nos plates-formes offrent à l'utilisateur l'opportunité d'anticiper les pannes en réalisant de la maintenance prédictive. Demain, grâce à nos machines à impression 3D, certaines pièces seront directement fabriquées sur le champ de bataille ou dans les unités. Et les mécanos militaires chausseront nos lunettes connectées pour se faire assister à distance en temps réel par nos techniciens maisons.

Toutes ces avancées expliquent pourquoi nous garantissons déjà contractuellement à nos clients une durée de disponibilité des véhicules. C'est le cas pour le VT4, le véhicule fournit pour remplacer la P4. Mais nous n'innovons pas pour innover, nous cherchons à répondre aux demandes de nos clients et à maîtriser nos prix : nous pratiquons l'innovation frugale.

Emmanuel Levacher, PDG d’Arquus

Nous n'innovons pas pour innover, nous cherchons à répondre aux demandes de nos clients et à maîtriser nos prix.